Duo 5: Bâtir un appui national diversifié pour les nouvelles musiques de concert

Le samedi 9 janvier 2010, de 13h00 à 13h45

Avec Russell Kelley (Conseil des arts du Canada) et Matthew Greenall (Sound and Music)

(Les notes ci-dessous sont celles de Matthew Greenall)

Introduction

Gros sujet! Je l’approche un peu de biais, puisque les nouvelles musiques de concert ne représentent qu’une partie des attributions de SAM. Mais j’espère que mes réflexions seront pertinentes et toucheront aux autres thèmes abordés pendant ce congrès.

1. Pourquoi Sound and Music (SAM)

Février 2004: Réunion convoquée par le Conseil des arts d’Angleterre. Dix organismes liés aux musiques nouvelles au RU réunis pour parler de leurs ambitions pour le secteur. Parmi ces organismes: des agences de voyages multiculturelles, des collectifs de base, organisme national de jazz, le MIC et des organismes de développement de carrière en musiques nouvelles.

Nous avons fixé des thèmes communs:

  • lutte partagée pour attirer un public important;
  • peu de visibilité pour notre travail, comparativement aux autres arts (ex: arts visuels);
  • petits organismes pris dans un cycle d’instabilité — pas de coussin financier, difficulté à planifier la croissance ou profiter des bonnes occasions.

Puis, le Conseil des arts a proposé la carotte et le bâton.

La carotte: Un nouveau complexe artistique prévu dans le centre de Londres (Kings Place), à côté d’un pôle central de transport (Kings Cross International Terminal). Utilisation mixte des espaces artistiques (deux nouvelles salles) et espaces à bureaux avec, comme locataire principal, un média majeur favorable aux arts (le quotidien The Guardian). Ouverture en 2007. Nous pouvons y emménager, avec un bail préférentiel, et faire de Kings Place un nouveau pôle performance pour les œuvres nouvelles.

Le bâton: Pour emménager à Kings Place, il faut se combiner. Le Conseil des arts veut remettre un seul chèque (sous-entendu: fusionner ou risquer de perdre vos subventions).

Se sont ensuivi des années de pourparlers et de politicailleries. Deux tournants:

  • La décision par six organismes de scinder la question de la salle et de son échéancier de la question de la fusion, cette dernière devenant le principal point à l’ordre du jour.
  • L’octroi par le Conseil des arts de 1,2 million de £ en fonds de développement organisationnel pour capitaliser la fusion.

Quatre organismes ont finalement décidé de fusionner et de créer un nouvel organisme:

  • British Music Information Centre (Bmic);
  • Contemporary Music Network (CMN — le réseau de tournée pour les musiques nouvelles appartenant au Conseil des arts);
  • Sonic Arts Network (SAN — organisme dévoué à l’art sonore, l’électroacoustique et l’acousmatique);
  • Society for the Promotion of New Music (spnm — organisme de développement de carrière s’adressant aux compositeurs)

La fusion s’est faite en octobre 2008.

2. Recherche en développement de public

Dès les premiers pourparlers sur ce que serait SAM, la relation avec les publics apparaît clairement comme un point clé à développer.

2007-2009: SAM travaille avec une agence de développement de public, Audiences London, pour dresser un portrait complet de son public fidèle et potentiel.

Premier sondage (électronique) national auprès du public des musiques nouvelles depuis plusieurs années. Quelques points saillants:

  • Nos publics priorisent notre offre d’activités en direct, notre base de connaissances (publications, partitions, collections) et jugent que nos produits sont de grande qualité.
  • L’analyse des codes postaux selon nos groupes démographiques clés révèle une pointe élevée dans la catégorie «mélange contreculturel» (surtout de jeunes professionnels ou étudiants vivant dans des quartiers urbains à forte mixité socio-culturelle).
  • 75 % de nos répondants sont des hommes.
  • Pénétration du public plutôt faible en Écosse, au Pays de Galles et en Irlande du Nord.

Recherche primaire (en personne, en tête-à-tête) de trois manières:

  • Entrevues après les événements.
  • Recherche immersive (amener un nouveau spectateur à un événement et recueillir ses commentaires).
  • «Fil de la vie»: Les personnes qui goûtent fréquemment aux musiques nouvelles et les professionnels de ce secteur dressent le fil de leur vie en se disant «avides» de musiques nouvelles.

Cette recherche primaire nous a permis de découvrir:

  • beaucoup de confusion et d’incertitude sur le vocabulaire et la manière de communiquer «l’expérience» des musiques nouvelles;
  • le public a tendance à préférer s’investir dans le risque et l’audace dans un environnement qui représente un risque faible ou nul;
  • la recherche immersive montre que les nouveaux spectateurs sont repoussés par des événements qui semblent s’adresser aux initiés et les excluent (trop long, pas assez d’info, inadéquation entre le marketing et l’événement).

Une vision s’est dégagée de notre public (hors de nos fidèles): des utilisateurs professionnels qui sont curieux, ouverts à l’expérimentation, mobiles, sensibilisés à l’informatique et qui, parfois, souhaitent s’impliquer personnellement et de manière participative dans l’œuvre, au-delà du rôle de spectateur passif.

3. En quoi nous croyons que Sound and Music fera une différence

SAM est encore très jeune et n’a pas encore entièrement établi ses manières de faire. Cependant, trois points à souligner:

Masse critique. SAM reçoit une subvention combinée de 1,26 million de £ du Conseil des arts (le total des subventions des quatre fondateurs), une dotation héritée d’un fondateur et un coussin financier important. Voilà une meilleure position pour recueillir des fonds et affronter la récession, développer des partenariats à des échelons supérieurs et assurer de la visibilité aux événements que pouvaient le faire les fondateurs, en plus d’offrir un leadership sectoriel et de développer la sensibilisation.

Modèle de travail. Le legs de nos quatre fondateurs fournit un profil fort dans quatre domaines interreliés: événements en direct, apprentissage et participation, numérique/web et savoir/ressources. En combinant ces aspects, nous pouvons offrir un contenu riche autour de nos projets et événements, offrir de multiples points d’entrée à notre travail.

Fluidité accrue pour les artistes. En travaillant à travers plusieurs genres et en étendant la gamme des contextes dans lesquels nous travaillons, nous offrons aux artistes, compositeurs et diffuseurs de meilleures occasions d’élargir leur gamme de pratiques et de toucher de nouveaux publics (développement de carrière).

4 Quelques réflexions sur la diversité et la constitution d’un public

Quelques idées du point de vue de l’aventure de SAM (dans le désordre):

Le Royaume-Uni est un environnement qui présente constamment de nouveaux défis et de nouvelles communautés dont doit tenir compte un organisme artistique qui souhaite demeurer pertinent dans un contexte changeant. Depuis les années 50, l’immigration et, dans les années 2000, l’élargissement de l’Union européenne sont des facteurs importants.

  • Plus du tiers des Londoniens sont nés à l’extérieur du RU
  • Le RU aura bientôt sa première ville où les natifs du RU représenteront une minorité (Leicester).
  • Environ 10 % de la population de la Lituanie vit actuellement au RU
  • Après 2004, entre 2 et 3 millions de Polonais (le nombre exact est inconnu) sont venus travailler au RU Plusieurs y sont restés.

SAM a commencé à s’adresser à certaines de ces communautés, à travers:

  • des résidences d’artistes, comme le joueur de tabla Kuljit Bhamra comme directeur artistique — tournée de Melas et projets avec les communautés nord-asiatiques (2007-09);
  • soutien au festival britannique de nouvelle musique polonaise Fertilizer (2009).

À la suite de la recherche sur le public, nous visons à recueillir nos propres données et connaître nos publics. Essayer de nous voir comme on nous voit et modifier le dialogue avec les salles, diffuseurs et promoteurs autour du partage de données pour y avoir un meilleur accès.

Considérer sérieusement les questions susceptibles d’aliéner de nouveaux publics potentiels.

S’adresser aux communautés locales, par le biais de leurs leaders, et leur présenter de nouvelles œuvres dans des lieux où ils se sentiront à l’aise et qui pourront attirer un public (le Birmingham Contemporary Music Group offre un exemple de bonne pratique au RU).

Collaborer avec des artistes en vue pour rendre la diversité implicite plutôt qu’une obligation dans l’organisme. Que cette diversité se traduise dans la composition du conseil d’administration et du personnel.