Keshini Senanayake
- Instruments acoustiques
- 13 à 18 ans
Un cours à une année scolaire
- Éducation
École secondaire Nelson Mandela : création musicale dans le cadre d’un programme d’harmonie au secondaire
description
Ce projet explore la création musicale dans le cadre d’un programme d’orchestre d’harmonie à l’École secondaire Nelson Mandela, l’une des écoles désignées par l’Alberta pour son initiative de réaménagement des programmes secondaires. Dans une école en réaménagement, les tâches sont conçues non seulement pour évaluer les résultats du programme d’études, mais également pour aider nos élèves à développer des compétences essentielles. Chaque cours développe des compétences différentes. Pour la musique en particulier, ces compétences sont la créativité, la collaboration et l’épanouissement personnel. La professeure de musique Keshini Senanayake et ses élèves partagent et réfléchissent à la création musicale dans leur classe :
Bonjour, je m’appelle Keshini Senanayake (elle). Je vis et enseigne sur le territoire du Traité n° 7, plus précisément à Calgary, en Alberta. J’enseigne actuellement la musique aux élèves de la 10e à la 12e année à l’École secondaire Nelson Mandela. Notre programme comprend une grande variété de disciplines suivantes : musique instrumentale, orchestre d’harmonie, chorale, le groupe de guitare/rock, musique de chambre et ensemble à cordes.
Défis Créatifs
J’utilise des « défis créatifs », ou des exercices de création musicale, pour évaluer non seulement les compétences musicales et les objectifs pédagogiques spécifiques, mais aussi la capacité des élèves à collaborer pour créer leur propre musique originale, selon un ensemble de consignes qui leur sont fournies. Ces défis créatifs font désormais partie intégrante de mon programme, afin de garantir aux élèves non seulement l’apprentissage et le développement de leurs compétences musicales, mais aussi l’opportunité de développer leur propre créativité. J’ai constaté l’immense bénéfice de la mise en place d’une culture où la créativité fait partie intégrante du programme musical : cela se traduit par une confiance accrue chez les élèves lorsqu’ils expérimentent et résolvent des problèmes lors des activités en classe, et par la création d’un programme musical où les élèves sont co-créatrices et co-créateurs des décisions relatives au programme ainsi que du processus des cours et des répétitions. Voici deux exemples de défis créatifs :
- Symboles et partition visuelle : cet exercice convient à des élèves de tous niveaux. Il a donné d’excellents résultats avec mes élèves avancé·es, tout comme avec mes élèves débutant·es. Les élèves reçoivent un jeu de cartes comportant différentes formes et différents symboles. Leur défi consiste à disposer les formes et les symboles pour créer une partition visuelle qui représente leur composition originale.
- Composer à partir d’extrait du répertoire : : un exercice, spécialement destiné aux élèves d’orchestre d’harmonie, consiste à leur demander de mélanger et de combiner des extraits mélodiques de leurs morceaux d’harmonie afin de créer leur propre composition, ou « remix », comme les élèves aiment à les appeler. Cette tâche est excellente non seulement pour stimuler la créativité des élèves, mais aussi pour les amener à s’exercer et à répéter des sections de leurs morceaux d’harmonie !
Réussir dans la musique à l’École secondaire Nelson Mandela : Cinq indicateurs de réussite
Cette vidéo explore ce que signifie pour moi un programme musical réussi. Mes réflexions à ce sujet évolueront constamment, mais voici les principaux piliers de ce que j’espère que les élèves retiendront de leur expérience au sein du programme musical de l’École secondaire Nelson Mandela.
Transcription :
« Lorsque j’ai été recrutée pour élaborer le programme de l’école où je travaille actuellement, j’ai pris le temps de réfléchir et de me demander : « Qu’est-ce que je souhaite que les élèves retirent de leur apprentissage musical à Mandela ? » Au fil du temps – ce n’était pas le cas dès le départ, mais bien tout au long de mes années d’enseignement – j’ai développé cinq « indicateurs de réussite », soit des critères ou concepts clés, que je souhaite que les élèves tirent de mon programme.
- Le premier critère était que les élèves développent des compétences essentielles tout au long de leur vie pour réussir dans toute voie qu’ils choisiront. Sachant que, peu importe si mes élèves choisissent de poursuivre une carrière dans la musique ou non, ils vont développer des compétences essentielles dans la vie qui les aideront à réussir, peu importe ce qu’ils décideront d’entreprendre par la suite. Par exemple, la gestion du temps leur permettant de jongler entre divers ensembles, leurs devoirs, leurs activités sportives et autres, la capacité à collaborer et à travailler ensemble, ou la capacité à recevoir des critiques ou des retours et à les mettre en pratique afin d’améliorer leurs compétences. C’était donc l’un des critères d’observation que j’espérais que les jeunes tirent de mon programme : le développement de ces compétences essentielles tout au long de la vie pour des personnes qui réussiront, où qu’elles aillent par la suite.
- Le deuxième critère que je souhaitais était que les élèves développent des compétences musicales afin qu’ils puissent poursuivre leurs propres projets musicaux, sachant qu’ils arrivent en classe avec leurs propres centres d’intérêts et leurs propres idées de ce qu’ils veulent accomplir. Qu’ils souhaitent être capables d’interpréter une chanson ou de la composer, comment puis-je leur enseigner les compétences musicales nécessaires pour qu’ils puissent poursuivre leurs propres objectifs musicaux ?
- Un troisième objectif que j’avais était de pouvoir offrir des occasions enrichissantes aux élèves, que ce soit par le biais de spectacles, d’ateliers ou de concerts, afin de garantir ces opportunités pour celles et ceux qui n’y auraient peut-être pas accès sans un programme musical à l’école.
- Un quatrième objectif était de bâtir une communauté positive. De créer cette communauté positive au sein de l’école où les élèves peuvent se sentir inclus et un espace où chacun peut se sentir en sécurité pour être soi-même et se réunir avec un objectif commun de créer de la musique ensemble.
- Ce dernier objectif, qui a pris plus d’importance aujourd’hui qu’à mes débuts, consistait à aider les élèves à développer une vision anti-oppressive par la musique, par l’étude et la pratique musicale, une vision équitable et anti-oppressive afin qu’ils puissent développer leur empathie, devenir des alliés productifs et contribuer à un changement constructif dans notre monde.
Quand je réfléchis à ce qu’est une éducation musicale réussie et à ce que cela signifie pour moi et mes élèves, voici les cinq éléments que j’ai définis au fil des ans comme des « critères de réussite » lorsque je pense à ce que je souhaite que les élèves retirent de mon programme. »
La valeur de la création musicale
Cette vidéo explore mes réflexions sur la valeur de la création musicale et ce qui m’a poussée à faire en sorte qu’elle fasse partie intégrante du programme de musique. Explorer la création musicale dans ma propre pratique pédagogique m’a non seulement permis de mettre en lumière certaines lacunes de l’enseignement musical traditionnel, mais m’a aussi ouvert les yeux sur les possibilités et les avantages pour les élèves lorsqu’on s’aventure au-delà des structures et des pratiques coloniales ancrées dans l’enseignement musical traditionnel.
Transcription :
« Lorsque j’ai obtenu mon baccalauréat, j’avais en tête certaines remarques de notre professeur Doug Friesen, et je réfléchissais également à ce que j’avais pu observer et constater au cours de mon stage d’enseignement. Tout cela, combiné à mes deux premières années d’enseignement, m’a fait comprendre que dans un programme qui suit l’orientation traditionnelle eurocentrique de la musique classique, les élèves ont peu d’occasions de créer réellement de la musique originale.
Doug a une citation très célèbre qui m’a toujours marquée : « En quoi est-ce créatif de dire aux enfants où respirer dans les trous ? » Cela m’a fait réaliser que nous passons beaucoup de temps à préparer les enfants à jouer en groupe et à se produire en public, mais leur accordons-nous vraiment le temps de créer leur propre musique ? En général, toute forme de création musicale vient après l’apprentissage de plusieurs unités et des années de solfège, ou après la pratique instrumentale. L’accent est tellement mis sur l’apprentissage en premier lieu de la théorie, de l’interprétation, puis la création, plutôt que d’instaurer une culture dans nos programmes musicaux favorisant la création dès le premier jour et la reconnaissance des connaissances musicales déjà acquises en classe par les élèves.
Au cours des deux premiers jours, je demande aux élèves : « Quelle est votre expérience musicale ? » Et beaucoup d’entre eux répondent d’emblée : « Je n’en ai aucune ». Je leur dis : « En fait, si, vous en avez une, car vous écoutez de la musique, vous l’aimez et vous l’appréciez. Vous savez ce que vous aimez et ce que vous n’aimez pas, vous pouvez déjà distinguer ce qui sonne bien de ce qui ne sonne pas bien. »
Je rappelle donc à mes élèves qu’ils arrivent en classe avec une véritable expertise, et il ne leur reste plus qu’à développer leur écoute et leur culture musicale. Cela se développe déjà à partir des connaissances de base qu’ils possèdent déjà. Cela m’a donc amenée à me demander : existe-t-il des moyens pour les élèves de s’exercer à faire de la musique dès le premier jour ? Plutôt que d’attendre dix cours de théorie, ont-ils des occasions de créer de la musique dès le premier jour ? Et maintenant, lorsque nous commençons à enseigner la théorie musicale, l’interprétation et la technique, c’est avec l’idée suivante : « Voici quelques compétences et outils qui vous aideront à continuer à créer de la musique. Voici d’autres éléments qui vous aideront à la comprendre et à composer et créer votre propre musique. »
Un des grands avantages de travailler dans mon école, c’est que nous évaluons à la fois les résultats et les compétences. Les résultats découlent du programme d’études et chaque cours optionnel identifie trois compétences. Par exemple, j’évalue les élèves sur la créativité, la collaboration et l’épanouissement personnel. Chaque classe dispose d’une liste de neuf compétences, fournie par Alberta Ed. Nous en choisissons deux ou trois qui sont les plus pertinentes pour le contenu du cours et nous avons la possibilité d’évaluer les élèves sur ces compétences. Grâce à cette évaluation basée sur les compétences, j’ai pu utiliser ce que nous appelons des « défis musicaux créatifs ». Cela a permis aux élèves de se voir confier différentes tâches et différents défis afin de les aider à créer leur propre musique, et ce, dès le premier jour. Je n’attends pas que les enfants sachent jouer d’un instrument, je commence dès le premier jour. Ils peuvent ainsi constater leur évolution, leur progrès et leur capacité à mettre en pratique ce qu’ils ont appris en classe dans le cadre de ces défis musicaux créatifs. Je les évalue davantage sur le processus de création du produit final : en supprimant la pression qui y est associée et en les évaluant plutôt sur le processus, sur leur compréhension du processus créatif et sur leurs capacités à collaborer et à travailler ensemble pour créer un projet musical final.
J’ai constaté un changement assez marqué dans la culture de mon programme. Dès le premier jour, nous avons instauré dans nos cours de musique une culture axée sur la création musicale, et nous l’avons depuis intégrée au programme. Les élèves appréhendaient moins l’expérimentation musicale et la prise de risques, même lors de tests d’exécution ou lors d’évaluations de prestations que nous proposons en classe. Cela a quasiment atténué une partie de l’anxiété que ressentent les élèves. Ils sont plus enclins à expérimenter et à essayer et, si cela ne fonctionne pas, ils se disent « bon, ce n’est pas grave », surtout lorsque nous avons commencé à parler d’improvisation jazz et que j’ai commencé à créer des exercices de composition dans mes cours de niveau avancé. Par exemple, dans notre module sur les chansons pop, ils doivent composer et écrire leurs propres chansons pop et les interpréter. Ils sont donc moins anxieux ou hésitants à se lancer, car nous avons créé cette culture de l’expérimentation et de l’essai dès le premier jour par des tâches créatives.
Je perçois l’intérêt de proposer ces tâches aux élèves et de les intégrer à notre programme. Plutôt que d’en faire une tâche ponctuelle, il faut plutôt les intégrer pleinement au programme, tout en sachant qu’on peut évaluer tant d’autres objectifs d’apprentissage. Si, par exemple, vous proposez dès le départ des défis de création musicale avec des instruments, vous pouvez évaluer la compréhension de la technique instrumentale et du phrasé musical des élèves. Il est toujours possible de relier ces objectifs au programme d’études. Je vois l’importance des résultats des élèves et de la culture de mon programme, qui intègre la créativité au programme musical et la valorise autant que la théorie, l’interprétation et l’histoire.
Mon espoir pour l’éducation musicale est que nous puissions commencer à déconstruire cette idée selon laquelle « voici la musique, je suis la cheffe d’orchestre, je vous dis quoi faire et vous écoutez mes instructions ». Déconstruire cette approche de l’éducation musicale pour mieux intégrer différents genres musicaux, différentes perspectives et différentes façons de créer de la musique. »
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