Premiers pas dans la médiation culturelle

Par Leah Abramson

Bien qu’a­ni­mer des pro­grammes musi­caux dans la com­mu­nau­té puisse être mer­veilleux et enri­chis­sant, nous pou­vons par­fois ren­con­trer des situa­tions nou­velles aux­quelles une édu­ca­tion musi­cale ne nous a pas préparé·es. Ce petit guide, com­pre­nant des liens et des res­sources, est là pour vous aider à décou­vrir cer­tains prin­cipes fon­da­men­taux de la média­tion cultuelle en groupe, ain­si qu’à déve­lop­per des com­pé­tences adap­tées aux besoins de votre groupe.

Conseils de base à gar­der à l’es­prit avant de commencer :

  • Qui est dans votre groupe ? Faire les pré­sen­ta­tions vous per­met de vous faire une pre­mière idée de la per­son­na­li­té et des inté­rêts des participant·es, en par­ti­cu­lier lors­qu’elles sont asso­ciées à une acti­vi­té brise-glace. Invi­tez les gens à se pré­sen­ter, s’ils en ont la capa­ci­té. Pour créer un envi­ron­ne­ment inclu­sif, vous pou­vez inclure vos pro­noms dans votre propre intro­duc­tion afin que les autres se sentent plus à l’aide de par­ta­ger les leurs.
  • Les médiateur·rices res­pectent les objec­tifs de leur groupe. Qu’est-ce que vos participant·es sou­haitent apprendre ou accom­plir ? Com­ment aime­raient-ils/elles se sen­tir pen­dant la séance de groupe ? Par exemple, sont-ils/elles concentré·es sur le déve­lop­pe­ment de com­pé­tences ou veulent-ils/elles sim­ple­ment s’a­mu­ser ? Les objec­tifs peuvent chan­ger à mesure que le groupe évo­lue et peuvent varier d’une per­sonne à l’autre. Gar­dez les objec­tifs des participant·es à l’esprit lorsque vous pla­ni­fiez vos séances.
  • Envi­sa­gez de conclure des « accords de groupe » avant de com­men­cer le tra­vail col­la­bo­ra­tif. Écrire les règles de base de la par­ti­ci­pa­tion sur un tableau ou dans un docu­ment par­ta­gé peut rap­pe­ler à votre groupe le res­pect mutuel et la bien­veillance néces­saires pour tra­vailler ensemble de manière effi­cace. Si un conflit sur­vient par la suite, ces accords peuvent ser­vir de rap­pel de la conduite conve­nue au sein du groupe.
  • Soyez flexible. Chaque groupe est dif­fé­rent et par­fois les besoins d’un groupe peuvent évo­luer ou chan­ger en fonc­tion des participant·es. En tant que médiateur·rice, vous devrez peut-être ajus­ter vos acti­vi­tés et vos attentes pour répondre à l’évolution des besoins.

Éléments de base de la médiation

Les res­sources sui­vantes peuvent être utiles si vous débu­tez dans la média­tion cultu­relle et que vous avez besoin d’un aper­çu géné­ral des tech­niques ou de cer­taines acti­vi­tés pour vous aider à démarrer.

  • Livre numé­rique gra­tuit (en anglais) Lea­ding Groups Online est un guide pra­tique pour débu­ter dans l’a­ni­ma­tion de groupes en ligne. Rédi­gé d’un point de vue acti­viste et orga­ni­sa­teur, il pré­sente des prin­cipes appli­cables à la plu­part des envi­ron­ne­ments de groupe. Des tra­duc­tions sont dis­po­nibles en polo­nais, coréen, chi­nois et espagnol.
  • Le cours gra­tuit de deux heures (en anglais) Faci­li­ta­ting Group Dis­cus­sions est une approche plus pra­tique pour apprendre les bases de l’animation. Bien que des­ti­nées au sec­teur des affaires via Open­Learn, ces tech­niques sont trans­po­sables à la plu­part des situa­tions de groupe. Le cours contient éga­le­ment une sec­tion entière de conseils et de stra­té­gies pour gérer diverses dyna­miques de groupe cou­rantes et les com­por­te­ments perturbateurs.
  • Site web utile : Libra­ry of Faci­li­ta­tion Tech­niques est par­fait si vous êtes à la recherche d’une acti­vi­té ou d’un outil spé­ci­fique. Bien que cer­taines sec­tions soient payantes, il existe un grand nombre d’ac­ti­vi­tés gra­tuites allant de la conso­li­da­tion d’é­quipes et de la géné­ra­tion d’i­dées au déve­lop­pe­ment per­son­nel et à la défi­ni­tion d’objectifs.
  • Nou­vel outil en ligne, Tool­si est encore dans sa ver­sion bêta, mais contient déjà une mul­ti­tude de cours, d’ac­ti­vi­tés et d’ou­tils des­ti­nés aux animateur·rices com­mu­nau­taires. Un abon­ne­ment payant est dis­po­nible, mais l’op­tion gra­tuite contient éga­le­ment une vaste sélec­tion d’ac­ti­vi­tés et de PDFs téléchargeables.

Dynamiques de groupe

L’un des rôles les plus impor­tants d’un·e médiateur·rice est de s’assurer que tous les membres du groupe se sentent à l’aise et en sécu­ri­té pour contri­buer à leur manière. Un appren­tis­sage sur la dyna­mique de groupe peut aider à cela. Par exemple, com­ment faire par­ti­ci­per les membres les plus dis­crets, tout en vous assu­rant que les participant·es à carac­tère domi­nant ne mono­po­lisent pas le temps et l’at­ten­tion ? Et si les idées des participant·es se confrontent, com­ment résoudre le conflit de manière juste et paci­fique ? Les liens sui­vants peuvent aider à démys­ti­fier les dyna­miques cou­rantes qui sur­viennent dans les groupes et aider les médiateur·rices à apai­ser les ten­sions afin de conti­nuer à tra­vailler dans une bonne entente vers vos objectifs.

  • Un article de Mind­Tools qui entre dans le vif du sujet du com­por­te­ment de groupe, en sou­li­gnant en par­ti­cu­lier le tra­vail des théo­ri­ciens influents Benne et Sheats. Il com­prend des infor­ma­tions sur la façon d’u­ti­li­ser la théo­rie des rôles de groupe pour faire évo­luer votre groupe et résoudre les conflits.

Médiation qui tient compte des traumatismes

Par­fois, on est appe­lé à faire de l’a­ni­ma­tion de groupes dont les membres avec les­quels nous tra­vaillons ont subi un trau­ma­tisme ou font actuel­le­ment par­tie d’une popu­la­tion mar­gi­na­li­sée (par exemple, des séances de groupe qui se déroulent dans des éta­blis­se­ments cor­rec­tion­nels, des éta­blis­se­ments de san­té men­tale ou des quar­tiers défa­vo­ri­sés de votre ville). Bien que ce tra­vail puisse être impor­tant et gra­ti­fiant, il peut éga­le­ment pré­sen­ter des défis à un·e médiateur·rice si nous n’avons pas vécu une expé­rience similaire.

En tant que musicien·nes, nous n’a­vons peut-être pas d’ex­pé­rience dans le domaine du tra­vail social ou de la thé­ra­pie, et nous ne sommes pas censé·es en avoir. Cela dit, il peut être utile de vous ren­sei­gner sur les pra­tiques qui tiennent compte des trau­ma­tismes afin d’assurer la sécu­ri­té phy­sique et émo­tion­nelle de vos participant·es (et la vôtre). Les res­sources sui­vantes sur ce genre d’animation tenant compte des trau­ma­tismes peuvent vous aider à déve­lop­per votre sen­si­bi­li­té à l’é­gard des expé­riences vécues par les autres et à créer un envi­ron­ne­ment plus sûr et plus inclu­sif pour les participant·es de tous horizons.

  • Un court article de Faci­li­ta­tingXYZ sur les élé­ments de base dans l’u­ti­li­sa­tion d’une approche qui tient compte des trau­ma­tismes lors de l’a­ni­ma­tion de groupes.
  • Cette vidéo gra­tuite d’une heure est un enre­gis­tre­ment d’un ate­lier qui explore « ce qu’est un trau­ma­tisme, l’im­pact qu’il peut avoir, ain­si que les outils pra­tiques, les conseils et les stra­té­gies pour une média­tion qui tient compte des traumatismes ».
  • Intro­duc­tion to Trau­ma for Faci­li­ta­tors (en anglais) est un cours d’in­tro­duc­tion des­ti­né aux animateur·rices qui sou­haitent en savoir plus sur le trau­ma­tisme, ses réper­cus­sions et la façon de le gérer. Le coût de cet ate­lier en ligne est de 35$.
  • Ce cours gra­tuit bilingue sur la san­té men­tale « Com­prendre la stig­ma­ti­sa­tion », décrit l’im­pact de la stig­ma­ti­sa­tion sur les per­sonnes atteintes de mala­die men­tale et de dépen­dances, ain­si que les moyens de réduire la dis­cri­mi­na­tion. Pro­duit par la Com­mis­sion de la san­té men­tale du Cana­da, ce cours s’a­dresse aux pro­fes­sion­nels de la san­té, mais sera utile à toute per­sonne tra­vaillant avec des per­sonnes aux prises avec des pro­blèmes de san­té men­tale ou de dépendance.

Se soutenir soi-même et soutenir les autres

Si vous ou l’un·e de vos participant·es avez vécu un évé­ne­ment trau­ma­ti­sant dans le cadre d’une média­tion, vous pour­riez avoir besoin d’un sou­tien sup­plé­men­taire. Si vous tra­vaillez au sein d’une orga­ni­sa­tion struc­tu­rée, comme un orga­nisme à but non lucra­tif ou une auto­ri­té sani­taire, deman­dez à la direc­tion ou aux res­sources humaines quel type de sou­tien vous est offert. Ces envi­ron­ne­ments offrent sou­vent des ser­vices de conseil ou de pre­miers soins psy­cho­lo­giques. Si vous êtes un·e entrepreneur·e dans le pri­vé ou si vous tra­vaillez dans un envi­ron­ne­ment moins struc­tu­ré, vous devrez peut-être trou­ver vos propres ressources.

Ces cours bilingues de pre­miers secours psy­cho­lo­giques sont offerts par la Croix-Rouge cana­dienne au prix de 20$ cha­cun et couvrent les soins per­son­nels ain­si que les soins pro­di­gués aux autres. Ces deux cours peuvent vous aider à apprendre à prendre soin de vous et des autres afin de déve­lop­per une meilleure rési­lience face au stress et aux situa­tions traumatisantes.

Si vous ani­mez un groupe avec des per­sonnes ayant des anté­cé­dents  de trau­ma­tismes ou des pro­blèmes de san­té men­tale, vous sou­hai­te­rez peut-être éga­le­ment obte­nir les coor­don­nées de la ligne d’as­sis­tance télé­pho­nique en cas de crise et de sui­cide, qui est dis­po­nible 24 heures sur 24, 7 jours sur 7, à tout moment de la jour­née ou de la nuit, pour vous sou­te­nir ou aider les participant·es. Veuillez noter que de nom­breuses lignes d’as­sis­tance en cas de crise et de sui­cide sont propres à chaque pro­vince. Assu­rez-vous de trou­ver les numé­ros appro­priés pour la zone dans laquelle vous animez.

Voi­ci les numé­ros pan­ca­na­diens qui offrent un sou­tien bilingue 24 heures sur 24 :

Ligne d’aide en cas de crise et de sui­cide : https://parlonssuicide.ca/
tel : 988
sms:988

En cas d’urgence, SVP com­po­sez le 911.