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Katherine Fraser

  • Ouvert (définition : partitions pour une instrumentation non spécifiée)
  • Objets trouvés ou matériel artistique
  • Instruments acoustiques
  • 5 à 12 ans
  • 13 à 18 ans
  • Éducation

École publique Jean Lumb : une école primaire publique urbaine explore l’improvisation

description

Kathe­rine Fra­ser, ensei­gnante de musique au pri­maire, et ses élèves écoutent, impro­visent, com­posent et mènent une réflexion sur ces expé­riences musi­cales créa­tives en milieu scolaire :

« Bon­jour, je m’appelle Kathe­rine Fra­ser. Je vis et j’enseigne à Toron­to, en Onta­rio. Mes élèves sont de la 1ère à la 8e année à l’école publique Jean Lumb. Notre pro­gramme de musique com­prend l’écoute, la créa­tion, l’exploration sonore, la trans­for­ma­tion des sons, l’expérimentation, la décou­verte, la danse et la célébration.

Voi­ci quelques jeux qui mettent l’accent sur l’écoute et la création :

Voi­ci un autre exer­cice qui per­met de créer un groove à l’aide de boucles improvisées :

Voi­ci une vidéo d’élèves en train de com­po­ser à l’aide de leur propre nota­tion originale :

 

Que signi­fie une édu­ca­tion musi­cale réus­sie selon vous ?

Voi­ci une vidéo dans laquelle mes élèves et moi réflé­chis­sons à ce que signi­fie pour nous une édu­ca­tion musi­cale réus­sie. Vous pou­vez éga­le­ment en lire la trans­crip­tion ci-dessous :

Kathe­rine Fra­ser : « Aujourd’hui, nous dis­cu­tons de ce que repré­sente pour vous une édu­ca­tion musi­cale réus­sie. Alors, avez-vous des idées ? »

Élève n° 1 : « Pour moi, c’est chaque fois que nous avons l’occasion de venir ici pour apprendre la musique et jouer de dif­fé­rents instruments. »

Élève n° 2 : « Je pense aus­si que dans un pro­gramme comme celui-ci, on vient explo­rer ce qu’on veut, même si on ne l’a jamais fait aupa­ra­vant. [Le pro­gramme] a un impact impor­tant sur la musique elle-même, et je trouve que c’est une expé­rience for­mi­dable de venir ici pour apprendre, s’exercer et sim­ple­ment s’exprimer à tra­vers la musique. »

Kathe­rine Fra­ser : « S’exprimer, oui. Et pour moi, un pro­gramme de musique réus­si, c’est quand mes élèves arrivent et se sentent vrai­ment en confiance pour prendre des risques lorsqu’on impro­vise ou qu’on com­pose, mais aus­si pen­dant les répé­ti­tions et les repré­sen­ta­tions. Qu’ils se voient comme de véri­tables musicien·nes dans cet espace. Autre chose ? »

Élève n° 1 : « Je pense qu’il est impor­tant que nous appre­nions vrai­ment les choses de la bonne façon. Par exemple, quand vous nous appre­nez une chan­son, on découvre d’où elle vient, qui l’a créée, ce genre de choses. Comme ça, on apprend vrai­ment bien. »

Kathe­rine Fra­ser : « Je suis d’accord. Avez-vous autre chose à ajouter ? »

Élève n° 2 : « J’ajouterais que c’est vrai­ment amu­sant de venir ici : vous nous appre­nez cer­tains styles musi­caux, puis vous nous don­nez la chance de retour­ner les choses pour com­po­ser quelque chose qui vient de nous, tout en uti­li­sant les notions et les émo­tions importantes. »

Kathe­rine Fra­ser : « J’adore ! Et pour finir, je vou­lais dire qu’il est très impor­tant pour moi que mes élèves, tout comme les membres de la com­mu­nau­té, se sentent vu·es et entendu·es. Je veux qu’elles et ils soient représenté·es ici, dans cette salle et dans le pro­gramme, et que je ne prenne pas toutes les déci­sions concer­nant la suite des modules, le conte­nu des pro­chains cours ou les chan­sons que nous choi­sis­sons pour les spec­tacles. Nous déci­dons de cela ensemble. Un der­nier mot ? Quelle est votre matière pré­fé­rée dans toute l’école ? (rires) C’est une ques­tion piège ! Bon, mer­ci à vous. »

 

Qu’est-ce qui vous a ame­née vers la musique créative ? 

Regar­dez cette vidéo pour décou­vrir mes réflexions sur la créa­tion musi­cale ou lisez la trans­crip­tion ci-dessous :

« Bon­jour, je m’appelle Kathe­rine Fra­ser et je suis ensei­gnante de musique pour les élèves de la 1ère à la 8e année à l’école publique Jean Lumb, au centre-ville de Toron­to. Je suis ici pour répondre à quelques questions.

La pre­mière est : “Qu’est-ce qui vous a atti­rée vers cette approche de la créa­tion musi­cale dans votre propre pra­tique péda­go­gique ?” Ma réponse com­porte deux volets.

Tout d’abord, il y a les cir­cons­tances. Mon contrat actuel est mon trei­zième en dix-sept ans, et j’ai ensei­gné dans quatre pro­vinces dif­fé­rentes. Ain­si, chaque poste en musique que j’ai occu­pé pré­sen­tait des com­mu­nau­tés, des élèves, des attentes et des ins­tru­ments dif­fé­rents. J’ai dû faire preuve d’une grande créa­ti­vi­té et apprendre à m’adapter. Cela m’a aus­si don­né l’occasion de me réin­ven­ter tous les deux ou trois ans, et j’ai donc pu essayer de nou­velles choses.

La seconde rai­son, c’est la curio­si­té. J’ai remar­qué que les jeux et acti­vi­tés d’écoute et les modules de com­po­si­tion et d’improvisation sus­citent défi­ni­ti­ve­ment bien plus de créa­ti­vi­té et d’enthousiasme que les leçons axées sur la tech­nique en vue d’un spec­tacle. Avec cette approche créa­tive de la musique, davan­tage d’élèves se sont impliqué·es dans mon pro­gramme, et c’est deve­nu notre pro­gramme musi­cal. Il était moins axé sur l’enseignante, il n’était plus seule­ment le mien.

La créa­tion musi­cale est pas­sée d’un aspect secon­daire du pro­gramme au cœur même de ma pra­tique péda­go­gique. J’ai éga­le­ment trou­vé des moyens de mettre à l’honneur cette créa­ti­vi­té lors de concerts. À titre d’exemple concret, j’ai col­la­bo­ré cette année avec le for­mi­dable pro­jet musi­cal The Awe­some Music Pro­ject, ici à Toron­to. Cette orga­ni­sa­tion toron­toise célèbre les his­toires liées à la musique et orga­nise des col­lectes de fonds au pro­fit de la san­té men­tale. J’ai deman­dé aux élèves de rem­plir un for­mu­laire Google en famille, en inter­ro­geant un proche sur sa chan­son pré­fé­rée et sur l’histoire qui s’y rat­tache. Ensuite, en classe, nous avons écou­té les mor­ceaux sélec­tion­nés pour en choi­sir un par classe. Nous l’avons arran­gé et appris avec les ins­tru­ments à notre dis­po­si­tion. Pour le concert, nous avons dif­fu­sé une vidéo dans laquelle la famille concer­née expli­quait pour­quoi ce titre était impor­tant pour elle, avant que la classe n’interprète sa ver­sion. Ce pro­jet de longue haleine a véri­ta­ble­ment fait réson­ner les voix de la com­mu­nau­té et s’est avé­ré être une expé­rience très créa­tive mobi­li­sant toute l’école.

Com­ment puis-je aider mes élèves à pla­cer leurs pra­tiques d’écoute et de créa­tion sonore au centre de leur appren­tis­sage ? Je constate que lorsqu’on leur per­met de créer leur propre musique, chaque élève intègre ses pré­fé­rences musi­cales dans ses pro­jets. Actuel­le­ment, les élèves de l’école publique Jean Lumb tra­vaillent sur un module de com­po­si­tion. La pre­mière par­tie se déroule dans Sound­trap et Gara­ge­Band. Je les ai encouragé·es à impor­ter des fichiers dans leur mor­ceau, que ce soit en effec­tuant leurs propres enre­gis­tre­ments ou en uti­li­sant des fichiers audio pro­ve­nant de You­Tube. La deuxième par­tie du pro­jet consis­tait à uti­li­ser la nota­tion musi­cale clas­sique occi­den­tale. Il s’agissait donc d’écrire sur une por­tée, mais avec la liber­té de choi­sir n’importe quel ins­tru­ment par­mi ceux que nous avions explo­rés aupa­ra­vant. Cette liber­té est un vrai gage de réussite.

Nous abor­dons à pré­sent la der­nière par­tie : la créa­tion de par­ti­tions ori­gi­nales qui per­met aux élèves de déve­lop­per leur propre sys­tème de nota­tion. Cer­tains s’inspirent de par­ti­tions gra­phiques et se prêtent au jeu avec brio. Leurs par­ti­tions ori­gi­nales sont fas­ci­nantes, créa­tives et leur res­semblent vraiment.

Pour conclure, quels sont vos espoirs pour l’éducation musi­cale ? Que les professeur·es de musique trouvent le sou­tien et la confiance néces­saires pour démon­trer à leurs élèves, à leur admi­nis­tra­tion et à la com­mu­nau­té que l’éducation musi­cale ne doit pas se limi­ter à la pré­pa­ra­tion et sur l’exécution des céré­mo­nies du jour du Sou­ve­nir ou des concerts d’hiver et de prin­temps met­tant exclu­si­ve­ment à l’honneur les ins­tru­ments  et les com­po­si­trices et com­po­si­teurs d’Europe occidentale.

Ce n’est pas tout. Les élèves méritent davan­tage : si la scène est une pas­sion pour cer­tains, ce n’est pas le cas de toutes et tous. Les élèves, comme les enseignant·es, ont besoin d’écouter plus de musique, plus de sons et plus de voix. Les pro­grammes doivent être exhaus­tifs et cou­vrir tous les aspects de l’éducation musi­cale : la créa­tion, l’écoute, la célé­bra­tion, l’interprétation, la recherche sur les ver­tus thé­ra­peu­tiques, la réin­ven­tion et l’émerveillement. Mer­ci de votre attention.

 

Pour plus d’informations, vos pou­vez contac­ter Kathe­rine à l’adresse sui­vante :  Katherine.fraser(at)tdsb.on.ca.

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