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Tatsuya Nakatani / Raphaël Foisy-Couture

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Nakatani Gong Orchestra - Un orchestre communautaire qui résonne partout

description

Le Naka­ta­ni Gong Orches­tra (NGO) est un orchestre com­mu­nau­taire iti­né­rant et par­ti­ci­pa­tif fon­dé et diri­gé par le maître per­cus­sion­niste japo­nais Tat­suya Naka­ta­ni qui inter­prète les com­po­si­tions ori­gi­nales de Naka­ta­ni ain­si que des impro­vi­sa­tions diri­gées. Ce pro­jet nova­teur ras­semble des musicien·ne·s locaux·ales d’ho­ri­zons divers — qu’iels soient professionnel·le·s ou amateur·ice·s, quelle que soit leur expé­rience — afin de col­la­bo­rer avec Naka­ta­ni sur ses gongs et ses archets adap­tés. Sous sa direc­tion, l’en­semble explore l’im­pro­vi­sa­tion col­lec­tive gui­dée, créant ain­si des pay­sages sonores immer­sifs et trans­for­ma­teurs. Depuis sa créa­tion en 2011, l’ONG est pas­sée de quatre à dix-sept gongs de tailles et de hau­teurs variées, don­nant des cen­taines de concerts à tra­vers le monde avec des mil­liers de participant·e·s.

Pour chaque repré­sen­ta­tion, un·e organisateur·rice local ras­semble un groupe de seize joueur·euse·s de gong, qui reçoivent un dos­sier de pré­pa­ra­tion détaillé com­pre­nant des signaux ges­tuels, des consignes de jeu et des vidéos péda­go­giques. Le jour de l’é­vé­ne­ment, Tat­suya Naka­ta­ni anime un ate­lier immer­sif, gui­dant les participant·e·s dans leur pra­tique des ins­tru­ments, l’af­fi­ne­ment de leurs tech­niques et l’ap­pren­tis­sage de la réponse à ses indi­ca­tions de direc­tion, afin de les inté­grer har­mo­nieu­se­ment à la repré­sen­ta­tion finale.

Naka­ta­ni se déplace avec tout le maté­riel néces­saire, notam­ment ses arcs Kobo fabri­qués sur mesure, ses maillets, ses gongs et ses sup­ports, afin que chaque repré­sen­ta­tion puisse s’ap­puyer plei­ne­ment sur ses ins­tru­ments méti­cu­leu­se­ment confec­tion­nés. Tout le maté­riel est assem­blé le matin même du spec­tacle par l’or­ga­nisme hôte et les musicien·ne·s participant·e·s.

Le 6 octobre 2024, l’ensemble a effec­tué sa pre­mière mont­réa­laise (et qué­be­coise) à La Sala Ros­sa dans le cadre du Fes­ti­val FLUX, une ini­tia­tive com­mu­nau­taire réunis­sant les prin­ci­paux dif­fu­seurs et orga­ni­sa­teurs de la scène musi­cale créa­tive montréalaise.

Ce concert a été orga­ni­sé par la série et le col­lec­tif de musique impro­vi­sée et expé­ri­men­tale Mar­di Spa­ghet­ti, grâce à la coor­di­na­tion de Raphaël Foi­sy-Cou­ture, ancien direc­teur géné­ral du Réseau Cana­dien pour les Musiques Nou­velles, en col­la­bo­ra­tion avec le Car­re­four de la créa­tion musi­cale par­ti­ci­pa­tive , Inno­va­tion en concert et Arts aux Marges.

Le Naka­ta­ni Gong Orches­tra (NGO) est le seul orchestre au monde dédié à la musique de gongs joué à l’ar­chet ; il a été fon­dé et est diri­gé par le maître per­cus­sion­niste japo­nais Tat­suya Naka­ta­ni. Per­cus­sion­niste expé­ri­men­tal, com­po­si­teur et artiste sonore de renom, désor­mais ins­tal­lé au Nou­veau-Mexique, Naka­ta­ni mène une car­rière inter­na­tio­nale depuis les années 1990, avec plus de 80 enre­gis­tre­ments à son actif et des concerts dans le monde entier. Répu­té pour ses tech­niques inno­vantes sur les gongs, les tam­bours, les cym­bales et les bols chan­tants, il est éga­le­ment luthier et fabrique lui-même les archets Kobo, les maillets et le maté­riel unique uti­li­sé lors de ses concerts. Naka­ta­ni est éga­le­ment un péda­gogue dévoué, don­nant régu­liè­re­ment des classes de maitre dans des uni­ver­si­tés et des conser­va­toires de musique.

Ce concert a mis en valeur le son unique et envoû­tant du NGO.

Voi­ci une trans­crip­tion édi­tée de l’in­ter­ven­tion de Tat­suya Naka­ta­ni à la suite de sa per­for­mance en solo qui a pré­cé­dé la pres­ta­tion du NGO ce soir-là :

[Applau­dis­se­ments enthousiastes]

Mer­ci beau­coup d’être venus ce soir !

Je m’appelle Tat­suya Naka­ta­ni et je suis per­cus­sion­niste. Je suis ori­gi­naire d’Osaka, au Japon. J’ai démé­na­gé aux États-Unis il y a 30 ans et je vis actuel­le­ment à Truth or Conse­quences, une petite ville située dans le sud du Nou­veau-Mexique. J’ai joué des per­cus­sions toute ma vie. Je suis en tour­née. Le tra­jet entre le Nou­veau-Mexique et ici m’a pris plus de deux mois.

[Rires dans le public]

J’ai quit­té chez moi le 5 août, et je suis ici aujourd’­hui. J’ai joué dans de nom­breux endroits et je retourne aux États-Unis demain. Ce soir, en fait ! Ce soir, je reprends la route et je vais retour­ner vers le Nouveau-Mexique. 

[Excla­ma­tions admi­ra­tives du public]

Ce soir, je fais la pre­mière par­tie de mon ensemble. Je joue de la bat­te­rie depuis que je suis au secon­daire. Une bat­te­rie avec : hi-hat, cym­bales, etc. À un moment don­né, j’ai com­men­cé à m’intéresser davan­tage au son et aux tech­niques de jeu plus pous­sées, et je me suis mis à jouer des per­cus­sions en solo. En même temps, j’ai com­men­cé à jouer des per­cus­sions à l’archet. Au début, j’utilisais un archet de contre­basse, de vio­lon­celle ou de vio­lon pour jouer des cym­bales et des bols chan­tants. Vers 2005, 2006, j’ai com­men­cé à fabri­quer mes propres archets, car les archets d’instruments conven­tion­nels ne fonc­tionnent pas pour les per­cus­sions. J’ai donc com­men­cé à inven­ter et à tes­ter des pro­to­types. À cette époque, j’avais en tête ce pro­jet d’orchestre de gongs ; « peut-être que cela pour­rait être plus ». Je tra­vaille donc sur ce pro­jet depuis 2005. Dans ma tête, peut-être depuis 2000. 

[Rires dans le public]

C’est un pro­jet de longue haleine, le pro­jet de ma vie. J’ai lan­cé mon orchestre de gongs vers 2008. C’é­tait un petit ensemble, avec seule­ment quatre gongs. Pour un musi­cien indé­pen­dant qui fait tout lui-même, c’est cher de s’en procurer. 

[Rires dans le public]

J’ai donc conti­nué à en ache­ter petit à petit, et aujourd’­hui j’ai 16 gongs ! En me comp­tant, ce sont 17 gongs qui vont jouer pour vous. Je pense que c’est une expé­rience unique dans une vie, vous savez, 17 gongs devant vous. Com­bien de per­sonnes ont déjà vécu ça ? 

[Rires et accla­ma­tions du public]

Je vais aus­si vous don­ner quelques expli­ca­tions. Je suis asia­tique, et je viens du Japon. Mais ces gongs ne viennent pas du Japon, et ces archets ne viennent pas du Japon non plus. Et la musique que vous allez entendre ne vient pas du Japon. Donc, rien de tout cela n’a de rap­port avec le Japon. 

[Rires dans le public]

En fait, je ne m’in­té­resse qu’au timing. C’est écrit dans ma bio­gra­phie : le « Ma » cor­res­pond au temps qui sépare A et B. J’u­ti­lise donc beau­coup de « Ma » dans ma musique. Tout est espace et expan­sion, puis on uti­lise la gra­vi­té pour redes­cendre. C’est ça, le « Ma ». Mais ça n’a rien à voir avec le Japon. Ça n’a rien à voir avec aucun pays ni aucune région. Mon tra­vail vient donc de nulle part. Je vis aux États-Unis, mais je ne suis pas amé­ri­cain. Je suis en quelque sorte à l’é­cart du Japon. Je ne suis peut-être pas japo­nais. Je ne sais pas [Tat­suya rit]

Ce sont donc des gongs chi­nois. On les appelle « gongs de Wuhan » ou « gongs de vent » (Wind gong). Ils ont un bord droit. De nom­breux pays d’Asie du Sud-Est pos­sèdent des gongs qui varient selon les régions. Peut-être que cer­taines per­sonnes ici en savent plus que moi, mais cer­tains ont des bords ou des pro­tu­bé­rances et des sono­ri­tés spé­ci­fiques. Mais celui-ci est un disque, juste un disque de bronze, et je peux modi­fier les hau­teurs de son. La vibra­tion se déplace à l’intérieur. Par­fois, elle reste là, par­fois elle vient du centre. Et par­fois, j’utilise deux arcs. Alors deux sons résonnent à l’intérieur du même gong, et ça donne vo, vo, vo, vo, vo, vo, vo, vo, vo [imi­tant les sons d’oscillation]. Les deux se battent l’un contre l’autre ; ça pro­duit aus­si ce genre d’effet. 

Je tra­vaille donc sur les archets et les gongs depuis de nom­breuses années. J’essaie d’enseigner aux gens et de mener mon tra­vail orches­tral. Aujourd’hui, nous avons 16 musicien·ne·s de Mont­réal. Nous avons tenu un ate­lier tout l’après-midi. 

[Vives accla­ma­tions du public] 

Je pré­fère que vous n’ayez pas de bou­chons dans les oreilles, parce que je suis très sen­sible au bruit. Quand je vais à des concerts de rock, je mets tou­jours des bou­chons. Ici, par cer­tains moments, c’est fort. C’est vrai­ment fort… C’est incroya­ble­ment fort, je vous le dis ! 

[Rires dans le public]

Mais ça ne dure pas éternellement. 

[Rires encore plus forts dans le public]

Ce n’est pas constant. C’est juste un moment. Il suf­fit d’observer toutes les vibra­tions, et c’est ce qu’il y a de mieux. Pas seule­ment avec l’oreille. Vos organes, votre peau, vos os, vos che­veux écoutent ça aus­si. Voi­là donc mon pro­jet. C’est un pro­jet vibratoire.

Peut-être que vous vous en ren­drez compte si vous [enre­gis­trez] avec un iPhone ou un smart­phone pour immor­ta­li­ser ça une fois ren­trés chez vous :  « C’é­tait génial, je veux le pos­ter sur mon Ins­ta­gram ! ». Et puis ça fait biiiiiiiipppp (imi­tant le son d’un cœur qui s’ar­rête sur un électrocardiogramme)

[Rires dans le public]

Ce n’est pas qu’un son. Ça sonne dif­fé­rem­ment. C’est une vibra­tion. Vous êtes donc ici. Vous êtes sur le point de vivre cette expé­rience. Et c’est assez dif­fi­cile à cap­tu­rer avec un micro et des enre­gis­tre­ments. Mais c’est en direct. C’est l’air. Et vous êtes vivant·e·s ici. J’espère donc que vous apprécierez. 

[…]

Mer­ci encore d’être ici.

[Accla­ma­tions du public]

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Les musicien·ne·s de cette édi­tion mont­réa­laise du Tat­suya Naka­ta­ni Gong Orches­tra étaient :

Gene­viève Acker­man, Miel Aze­ve­do, Anna­belle Choui­nard, Sole­dad Coyo­li, Mari­lou Craft, Susan­na Hood, Atsu­shi Ike­da, Chloe Jack­son-Rey­nolds, Pablo Jime­nez, Jean Néant aka Joni Void, Sho­ta Naka­mu­ra, Roxanne Nes­bitt, Fah­mid Nibesh, Helios Para­dis, Chris­telle Saint-Julien et Tah­lia Stacey

Com­men­taires des participant·e·s à Montréal : 

Ce fut un véri­table bon­heur de par­ti­ci­per à cette ren­contre immer­sive avec Tat­suya Naka­ta­ni et avec un éven­tail aus­si large de musicien·ne·s issus de la scène de la musique impro­vi­sée. Cela m’a sem­blé être un cadeau rare de pou­voir apprendre puis de jouer ensemble de cette manière, en ayant suf­fi­sam­ment de temps pour vrai­ment péné­trer et goû­ter à l’univers d’un autre musi­cien, puis de mettre cette expé­rience en pra­tique devant un public. Ce fut enri­chis­sant sur le plan per­son­nel, musi­cal, et cela m’a per­mis de res­sen­tir concrè­te­ment la créa­ti­vi­té au cœur même de la com­mu­nau­té. Je suis très recon­nais­sante.  – Susan­na Hood

Ce fut une expé­rience unique en son genre. Jouer d’un grand gong était phy­si­que­ment bien plus dif­fi­cile que je ne l’aurais ima­gi­né, mais j’étais heu­reux d’avoir pu par­ti­ci­per à une expé­rience aus­si spé­ciale. J’ai appré­cié la pas­sion de Tat­suya. – Sho­ta Nakamura

Mer­ci beau­coup pour cette oppor­tu­ni­té. C’é­tait une expé­rience vrai­ment géniale de jouer avec autant de musicien·ne·s différent·e·s, issus d’ho­ri­zons variés, mais d’une manière aus­si nova­trice et unie, en appre­nant à déchif­frer ensemble ces signaux impré­vi­sibles.Atsu­shi Ikeda

L’ex­pé­rience du Tast­suya Naka­ta­ni Gong Orches­tra a été puis­sante et très mar­quante, une telle plon­gée musi­cale en com­mu­nau­té dans le monde des vibra­tions a de quoi lais­ser des fris­sons de bon­heur entre les deux oreilles pen­dant long­temps ! Ce fut un ate­lier et un concert tout en bien­veillance et en sim­pli­ci­té, dans la joie pure de par­ta­ger toustes ensemble des sons venus de l’Ailleurs. Longue vie à ce pro­jet mer­veilleux que j’es­père avoir la chance de recroi­ser sur ma route. Mer­ci pour tout !Anna­belle Chouinard

Lors de cette jour­née de pré­pa­ra­tion, j’ai eu la chance de m’immerger dans le monde du per­cus­sion­niste, de toutes ses connais­sances pré­cises sur un atti­rail pré­cieux et mas­sif de gongs très spé­ciaux. J’ai prê­té mon corps à l’expérience pour ten­ter de pui­ser les bonnes vibra­tions de ces ins­tru­ments, et je dois dire que phy­si­que­ment ce fut un défi mais un défi qui fut dûment récom­pen­sé par le contact direct des réver­bé­ra­tions et par la syner­gie de l’ensemble dans le moment. Cette per­for­mance et ain­si que la per­sonne de Tat­suya conti­nue de m’influencer dans mes propres per­for­mances depuis le 6 octobre 2024.Helios Para­dis

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Mer­ci à Li Qi d’a­voir fil­mé ce spectacle.

Mer­ci à Elaine Gra­ham et Adam, de Mly­nel­lo Art Mly­nel­lo, pour les pho­tos de l’événement.

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La pre­mière cana­dienne du Tat­suya Naka­ta­ni Gong Orches­tra a eu lieu le jeu­di 15 juin 2017 au Mount Com­mu­ni­ty Centre de Peterborough.

Elle a été orga­ni­sée par le musi­cien et orga­ni­sa­teur Ben­net Bedoukian

Les musicien·ne·s étaient Ben­net Bedou­kian, Melis­sa Bald­win, John Cli­men­hage, Jean-Paul Contois, Syl­vie Dasne, Ste­phen Dis­her, Rob For­tin, Matt Gre­co, Joelle Levesque, Megan McAn­drew, Leigh Mac­do­nald, Susan New­man, Rick Slouk­ji et Noah Gerard Vandelinde.

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