Julia Weder, Jiixa (Gladys Vandal)
- Ouvert (définition : partitions pour une instrumentation non spécifiée)
- Objets trouvés ou matériel artistique
- Voix
- Appareils numériques
- Adultes
- Ainés
- Intergénérationnel
Varies - generally 30 hours over a 1-2 month period.
- Éducation
- Justice
- Santé
- Famille
- Mémoire
- Limitations physiques (par ex. Paralysie cérébrale, Sclérose en plaques)
- La santé mentale
Préserver la langue par la musique et la vidéo
description
Un projet de vidéoclip du duo Siijuu Jaadas Cool Ladies, composé de Jiixa (84 ans), aînée haïda, tisserande et enseignante de la langue, et de Julia (25 ans), une allochtone. Julia compose la musique et réalise les films pour accompagner le partage linguistique de Jiixa. Les deux femmes partagent une profonde complicité et un sens de l’humour qui leur permettent de transmettre la langue haïda de manière créative et novatrice. Elles puisent leur inspiration dans les lois et les modes de vie haïdas, dans le pouvoir fédérateur de la nourriture et du rire, ainsi que dans la terre et les autres êtres vivants avec lesquels elles partagent leur foyer à Haida Gwaii.
Preserving Language Through Music and Film
(Préserver la langue par la musique et la vidéo)
Dans les coulisses : Siijuu Jaadas Cool Ladies – Duo de rap en langue haïda
Par Julia Weder, mai 2022
Introduction : voici un bref aperçu de la manière dont j’aborde la réalisation de vidéoclips avec Jiixa (Gladys Vandal), aînée haïda et enseignante de la langue, mettant à l’honneur le Xaayda kil (la langue haïda, dialecte de Skidegate).
Quelques mots sur les personnes concernées : Jiixa est pour moi comme une nanaay (grand-mère). Bien que je sois membre adoptée de son clan, le Skidegate Gidins Naa ‘Uuwans XaaydaGa, il ne m’appartient pas, en tant qu’allochtone, de revendiquer une quelconque propriété sur cette langue. Ce projet linguistique a été pensé pour soutenir Jiixa dans son désir de partager sa langue et ses visions créatives ; elle est d’ailleurs extrêmement motivée à transmettre sa langue depuis qu’on lui a diagnostiqué la SLA et que sa mobilité est réduite. En tant que résidente de Haida Gwaii et personne profondément engagée à promouvoir la souveraineté haïda et à respecter le droit haïda sur ces terres, j’envisage l’apprentissage de cette langue haïda comme un volet essentiel de cet engagement à vie. C’est habitée par cette gratitude et ce privilège que je mène ces projets créatifs avec Jiixa. Et qu’est-ce qu’on s’amuse !
ÉTAPE 1 : Réfléchissez à votre place, à vos responsabilités et aux subtilités de votre projet.
Quelle est votre positionnalité au sein de la communauté ou auprès des personnes avec lesquelles vous interagissez ? Quels sont les protocoles à suivre lorsque vous touchez à la langue haïda (ou toute autre langue ou pratique culturelle autochtone) ? Que faites-vous pour vous assurer d’aller au-delà des « bonnes intentions » et faire preuve d’une réelle conscience critique ? Quelles sont vos connaissances sur le sujet et quelle autorité avez-vous en la matière ? Quelle est la qualité des relations que vous avez nouées ? Qui contrôle le contenu partagé, et comment ? À qui ce travail profite-t-il (ou nuit-il) ?
ÉTAPE 2 : Trouvez un thème ou un sujet pour votre vidéoclip
Nous avons pensé à des expressions courantes que les familles de Haida Gwaii utilisent au quotidien – par exemple à la maison, en cuisine ou en voyage. Nous voulions les associer à des expressions d’amour et d’amitié, ainsi qu’à des prières et des paroles de sagesse des aîné·es haïdas qui ont été préservées. Nous avons choisi des thèmes tels que « nourriture et amitié », « voyage en ville » et « en souvenir des enfants disparus ».
ÉTAPE 3 : Amusez-vous et expérimentez avec la vidéo
Nous ne nous sommes pas du tout prises au sérieux en créant ces morceaux de rap. De manière totalement spontanée – par exemple après un repas, installées sur le canapé – je sortais mon iPhone et je demandais à Jiixa si elle voulait bien enregistrer quelques séquences vidéo pour notre prochain clip de rap. « Bien sûr », répondait-elle en souriant. On ne se souciait pas de mimer les paroles ou quoi que ce soit d’autre dans ces courts extraits : on se contentait de hocher la tête ou de se déhancher au rythme d’une cadence imaginaire, en portant parfois une paire de lunettes de soleil ou un chapeau qui traînait par là.
ÉTAPE 4 : Travaillez les paroles
Jiixa a écrit les paroles de chacune de nos chansons, s’inspirant parfois de livres en langue haïda publiés par le groupe d’aîné·es participant au programme d’immersion haïda de Skidegate. Je notais les phrases ou les mots qu’elle prononçait, puis je les lui répétais jusqu’à ce qu’elle soit satisfaite du rythme et du contenu. Parfois, Jiixa voulait que je scande ou que je chante les paroles. Une fois les paroles écrites, nous nous enregistrions avec l’application Dictaphone de nos téléphones.
ÉTAPE 5 : Travaillez la musique
Dans GarageBand (application gratuite sur les appareils Apple), j’ai créé des boucles rythmiques simples à l’aide du clavier de l’ordinateur, directement dans le logiciel (qui propose une large gamme de sons d’instruments). Je composais une mélodie simple par-dessus un rythme lourd de basses fréquences, puis j’ajustais le tempo de la musique jusqu’à ce qu’il corresponde plus ou moins à celui de notre phrasé, de notre chant et de nos paroles.
ÉTAPE 6 : Montage
C’est un processus assez long, mais très amusant. J’ai utilisé le logiciel gratuit iMovie sur mon Macbook pour assembler les extraits audio, les clips vidéo et la musique. J’ai d’abord exporté la chanson et les paroles depuis GarageBand, puis je les ai importées dans iMovie. Ensuite, j’ai importé tous les clips vidéo et je les ai synchronisés avec les paroles et la musique. Nous avons ajouté des génériques d’ouverture et de fin avec nos noms ainsi que ceux de toutes les personnes qui ont contribué au projet.
ÉTAPE 7 : Ajoutez des sous-titres
Il est recommandé d’inclure des sous-titres dans toutes les vidéos, quelle que soit la langue, afin de les rendre accessibles aux personnes sourdes ou malentendantes. Comme nos vidéos sont en haïda et que l’objectif était d’aider les gens à se familiariser avec la langue et à assimiler de nouveaux mots et expressions, nous avons décidé d’afficher les sous-titres en haïda en gros caractères, avec la traduction anglaise en dessous, dans une police plus petite.
ÉTAPE 8 : Partagez avec la communauté
Nous partageons nos vidéos sur Facebook et YouTube, et nous invitons nos ami·es et les membres de la communauté à les visionner. Nous espérons qu’elles inciteront d’autres personnes à raconter des histoires et à utiliser la langue haïda de manière créative.
Vous pouvez contacter Julia par courriel à l’adresse julia.weder[at]gmail.com. N’hésitez pas à lui écrire !
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